La sécurité des patients doit demeurer le fondement des décisions relatives au champ de pratique au Canada

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(Ottawa, ON) 15 avril 2026 – Alors que l’élargissement des champs de pratique est activement envisagé à travers le Canada, la Société canadienne d’ophtalmologie (SCO) rappelle que la sécurité des patients doit demeurer le principe central et non négociable guidant toute évolution de la prestation des soins de santé.

Bien que la SCO appuie l’innovation et la modernisation du système, elle demeure profondément préoccupée par certaines propositions visant à élargir l’autonomie clinique des professionnels non-médecins sans garanties suffisantes, sans équivalence normalisée de formation, ni évaluation obligatoire par les spécialistes médecins concernés.

« La sécurité des patients n’est pas négociable, et elle repose sur une adéquation entre la responsabilité clinique et l’ampleur de la formation médicale requise pour l’assumer », a déclaré la Dre Mona Harissi-Dagher, présidente de la Société canadienne d’ophtalmologie. « Le diagnostic, les décisions thérapeutiques et les interventions exigent une formation médicale complète, incluant la capacité d’intégrer les maladies systémiques, d’évaluer les risques et de gérer les complications en temps réel. »

Les ophtalmologistes sont des médecins et des chirurgiens formés pour diagnostiquer et prendre en charge les maladies oculaires dans le contexte de la santé globale, y compris les affections systémiques. Cette formation est acquise au cours des études de médecine et de plusieurs années de résidence dans un cadre structuré, supervisé et rigoureusement encadré — une approche essentielle à la sécurité des patients.

En soins oculaires, un diagnostic tardif ou erroné peut entraîner une perte de vision irréversible. Même des évaluations ou interventions en apparence routinières nécessitent la capacité de reconnaître des signes subtils mais critiques, d’orienter rapidement les soins et de gérer les complications lorsqu’elles surviennent.

Du point de vue des soins primaires, le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC) réitère l’importance de maintenir des définitions claires des champs de pratique, fondées sur la formation.

« Nous appuyons la position de la Société canadienne d’ophtalmologie et l’importance de champs de pratique appropriés, solidement ancrés dans la formation et l’expertise », a déclaré Sarah Cook, présidente du Collège des médecins de famille du Canada. « Nous soutenons la collaboration — et non la substitution. »

La SCO et ses partenaires médecins demandent qu’un examen obligatoire, transparent et dirigé par des experts médicaux soit appliqué à toute proposition de modification des champs de pratique, afin d’assurer l’alignement entre formation, responsabilité et sécurité des patients.

« Au fond, il s’agit de protéger les patients », a ajouté la Dre Harissi-Dagher. « Les différents professionnels contribuent aux soins, mais leurs rôles ne sont pas interchangeables. Le niveau de soins offert doit toujours correspondre au niveau de formation requis pour l’assurer en toute sécurité. »

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À propos de la Société canadienne d’ophtalmologie (SCO)
La Société canadienne d’ophtalmologie (SCO) est l’autorité nationale reconnue en matière de soins oculaires et de santé visuelle au Canada. À titre de médecins et de chirurgiens des yeux, nous nous engageons à assurer la prestation de soins médicaux et chirurgicaux oculaires optimaux pour l’ensemble de la population canadienne, en favorisant l’excellence en ophtalmologie et en offrant des services de soutien à nos membres dans leur pratique. Notre organisation regroupe plus de 900 ophtalmologistes et 200 résidentes et résidents en ophtalmologie.