Mise à jour éducative : Syndrome toxique du segment antérieur (TASS) – Sensibilisation et meilleures pratiques
Dans le cadre de notre engagement soutenu en faveur de l’excellence chirurgicale et de la sécurité des patients, et à la lumière de récentes discussions, nous publions une mise à jour éducative sur le syndrome toxique du segment antérieur (TASS). Un rappel volontaire a récemment été publié pour certaines lentilles intraoculaires (LIO) à laDans le cadre de notre engagement soutenu en faveur de l’excellence chirurgicale et de la sécurité des patients, et à la lumière de récentes discussions, nous publions une mise à jour éducative sur le syndrome toxique du segment antérieur (TASS). Un rappel volontaire a récemment été publié pour certaines lentilles intraoculaires (LIO) à la suite du signalement de cas de TASS. Il a finalement été établi que le problème provenait d’une matière première fournie par un fournisseur tiers. Des protocoles améliorés d’assurance qualité et d’inspection ont depuis été mis en œuvre, et les lentilles concernées sont de nouveau sur le marché. Bien que les éclosions demeurent rares, des cas sporadiques continuent d’être signalés, ce qui renforce la nécessité d’une vigilance continue.
Veuillez prendre note : les renseignements ci-dessous sont fournis uniquement à des fins éducatives et ne concernant pas un fabricant, un produit ou un rappel en particulier.
Qu’est-ce que le TASS?
Le TASS est une réaction inflammatoire postopératoire aiguë et stérile qui touche le segment antérieur, et qui se développe habituellement dans les 12 à 48 heures suivant l’intervention chirurgicale. Ce syndrome est causé par l’introduction de substances toxiques non infectieuses dans la chambre antérieure et doit être soigneusement différencié d’une endophtalmie infectieuse (Mamalis et coll., 2006; Peck et coll., 2010).
Causes fréquentes :
De multiples facteurs de risque ont été recensés (Mamalis, 201 O; Eydelman et coll., 2012), notamment :
- Résidus de détergents ou de nettoyants enzymatiques sur les instruments
- Solutions ou médicaments intraoculaires contaminés
- Préparation, stérilisation ou entreposage inadéquats des instruments
- Utilisation d’agents de conservation ou de substances chimiques toxiques dans le champ opératoire
- Rinçage insuffisant des canules ou des tubulures réutilisables
- LIO, dispositifs viscochirurgicaux ophtalmiques (DVO), ou matériaux d’emballage contaminés
- Processus de fabrication (p. ex., changements apportés aux matières premières, à l’emballage ou aux conditions de stérilisation) (FDA, 2022; Sengillo et coll., 2020)
- Présentation clinique et diagnostic
Les signes habituels incluent les suivants :
- Inflammation marquée de la chambre antérieure avec présence de cellules, d’un cercle érythémateux, de fibrine et parfois d’un hypopion.
- Atteinte de l’iris, pupille dilatée fixe ou glaucome secondaire dans les cas graves.
- Absence de douleur oculaire importante (ce qui permet de le distinguer de l’endophtalmie infectieuse).
- Œdème cornéen diffus s’étendant du limbe au limbe.
L’endophtalmie infectieuse se manifeste souvent plus tardivement (7 à 10 jours après l’intervention) et nécessite un traitement antimicrobien, tandis que le TASS exige un traitement anti-inflammatoire immédiat. Il est essentiel de faire preuve de prudence dans le diagnostic. Dans les cas incertains, une ponction de la chambre antérieure et une culture peuvent être indiquées. (Verma et coll., 2024).
Prise en charge :
- Amorcer rapidement un traitement intensif par corticostéroïdes topiques (Navas et coll., 2019)
- Des AINS topiques peuvent être envisagés comme traitement d’appoint pour réduire l’inflammation et prévenir ou traiter l’œdème maculaire cystoïde.
- Surveiller quotidiennement les signes d’amélioration.
- Envisager un lavage de la chambre antérieure dans les cas graves ou réfractaires.
- Les antibiotiques intravitréens ne sont pas indiqués, sauf en cas de suspicion d’une cause infectieuse.
- Au besoin, prendre en charge les séquelles, comme un glaucome ou une perte endothéliale.
Meilleures pratiques de prévention :
- Respect strict des protocoles de stérilisation; éviter de réutiliser des articles à usage unique.
- Veiller au rinçage en profondeur de tous les instruments chirurgicaux.
- Éviter les détergents présentant une forte activité enzymatique ou susceptibles de laisser des résidus.
- Vérifier la préparation, la manipulation et l’étiquetage appropriés des solutions intraoculaires et des DVO.
- Assurer la traçabilité des fournitures chirurgicales en cas d’analyse de grappes de cas.
En présence de plusieurs cas, une analyse approfondie des causes fondamentales doit évaluer l’ensemble des matériaux utilisés (LIO, DVO, solution saline équilibrée), les emballages, les procédés de stérilisation ainsi que tout changement de fournisseur.
Des audits internes continus, la révision des protocoles et le signalement rapide des cas suspects demeurent essentiels à la sécurité des patients.
Nous encourageons toutes les équipes chirurgicales à revoir leurs façons de faire actuelles et à demeurer vigilantes. Le Comité sur le TASS sera heureux de vous accueillir si vous souhaitez participer davantage aux activités éducatives.
Nous vous remercions de votre dévouement en faveur de l’excellence chirurgicale et des soins aux patients.
Très cordialement,
Le Comité canadien sur le TASS
Société canadienne d’ophtalmologie
Adam Muzychuk M.D., président du Congrès annuel
Simon Holland M.D., président du Comité sur le TASS
Rene Cabana, conseiller en soins oculaires
Doug Morck, professeur et président, médecin vétérinaire, Université de Calgary
Références :
Mamalis, N., Edelhauser, H. F., Dawson, D. G. et coll. (2006). Toxic anterior segment
syndrome. Journal of Cataract & Refractive Surgery, 32(2), 324-333.
Peck, C. M. C., Brubaker, J., Clouser, S., Danford, C. et coll. (2010). Toxic anterior segment
syndrome: Common causes. Journal of Cataract & Refractive Surgery, 36(7), 1073-1077.
Navas, A., Hernandez-Bogantes, E., Naranjo, A. et coll. (2019). Toxic anterior segment
syndrome: A review. Survey of Ophthalmology, 64(6), 77 4-786.
Eydelman, M. B., Tarver, M. E., Calogero, D. et coll. (2012). FDA’s proactive TASS
program. Ophthalmology, 119(7), 1339-1346.
Verma, L., Malik, A., Maharana, P. K., Dada, T. (2024). Toxic anterior segment syndrome
(TASS): A review and update. Indian Journal of Ophthalmology, 72(1 ), 45-52.
Park, C. Y., Lee, J. K., Chuck, R. S. (2018). Toxic anterior segment syndrome-an updated
review. BMC Ophthalmology, 18(1 ), 276.
Sengillo, J. 0 ., Chen, Y., Garcia, D. P. et coll. (2020). Postoperative endophthalmitis and TASS prophylaxis: 2020 update. Annals of Translational Medicine, 8(22), 1548.
Mamalis, N. (2010). Toxic anterior segment syndrome update. Journal of Cataract & Refractive Surgery, 36(7), 1077-1078.
U.S. Food and Drug Administration (FDA). (2022). Endotoxin Testing Recommendations for Single-Use lntraocular Ophthalmic Devices. Accessible à l’adresse :
https://www.fda.gov/media/162753/download
