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La chirurgie micro-invasive et mini-invasive du glaucome

Prise de position de la Société canadienne d’ophtalmologie (SCO)
et de la Société canadienne du glaucome (SCG)

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Les traitements chirurgicaux actuels du glaucome visent à réduire la pression intraoculaire (PIO) en diminuant la sécrétion d’humeur aqueuse ou en augmentant son élimination, ce qui réduit le risque de perte de champ visuel. Bien que la trabéculectomie et l’implantation d’un dispositif de drainage du glaucome soient la norme et soient les interventions chirurgicales les plus courantes pour le glaucome, elles sont souvent réservées aux patients atteints de maladie non contrôlée, au stade modéré à sévère, en raison du risque plus élevé de complications graves. La SCO et la SCG reconnaissent qu’il y a un vide dans les options de traitement entre les interventions médicales et chirurgicales traditionnelles pour les patients atteints de formes plus légères à modérée du glaucome, qui peuvent ne pas être traitées de façon optimale avec le protocole standard. Le ratio risque chirurgical/bénéfice est en faveur d’une procédure moins risquée pour ces patients.

Au cours de la dernière décennie, de nouveaux dispositifs et procédures médicaux, appelés collectivement CMIG (chirurgie micro-invasive ou minimalement invasive du glaucome) ont fait surface et sont disponibles pour les patients canadiens. Leurs caractéristiques principales comprennent une approche ab interno, une efficacité modérée, un profil de sécurité élevé, une récupération postopératoire rapide et un traumatisme tissulaire minimal. Ces procédures sont conçues pour améliorer la sécurité des interventions chirurgicales pour le glaucome, tout en procurant l’efficacité requise pour ralentir ou arrêter sa progression. L’inconvénient de ce profil chirurgical plus sécuritaire est que ces procédures, dans l’état actuel de leur développement, ne sont pas aussi efficaces pour réduire la PIO que les procédures standards de traitement du glaucome.

Les bénéfices démontrés de la CMIG incluent la réduction de la PIO, la diminution du besoin de médicaments, une récupération postopératoire rapide et des complications minimales. Les bénéfices supplémentaires, dont on poursuit l’étude, incluent le report ou la prévention d’une chirurgie du glaucome plus invasive, l’amélioration de la qualité de vie, la diminution du nombre de visites chez le médecin, la rentabilité et la prévention de perte visuelle.

Les indications actuelles pour la CMIG comprennent les patients qui subissent une chirurgie de la cataracte et qui nécessitent un traitement médical du glaucome, les patients qui ne sont pas en mesure de tolérer ou de respecter un traitement médical du glaucome, et les patients dont la pression intraoculaire n’est pas suffisamment bien contrôlée par un traitement médical ou au laser, sans clairement nécessiter une chirurgie invasive comme une trabéculectomie avec un dispositif de drainage du glaucome. La majorité des CMIG ne sont pas indiquées pour les patients qui présentent un glaucome à angle fermé.

Il y a un large consensus parmi les spécialistes du glaucome au Canada et à l’étranger, reposant sur les preuves actuelles et les courants de pratique, que la CMIG a effectivement sa place dans l’algorithme de traitement du glaucome. Vu le vieillissement de la population, qui court un risque plus élevé de glaucome, associé aux ressources limitées en matière de soins de santé, nous appuyons un accès équitable aux technologies innovantes comme la CMIG. Ces nouveaux traitements chirurgicaux peuvent combler le vide dans les traitements actuels, livrer de meilleurs résultats pour les patients et, idéalement, permettront d’optimiser l’utilisation du système de santé. Cette prise de position présente la position actuelle de la SCO et de la SCG sur la CMIG. Les deux sociétés appuient les technologies innovantes en ophtalmologie, continueront à surveiller ce domaine de pratique en évolution et mettront leur prise de position à jour selon les besoins.

La SCO et la SCG collaborent actuellement avec l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) afin d’établir l’utilisation optimale de la CMIG chez les adultes atteints de glaucome selon les preuves actuelles.

Dernière mise à jour : le 20 décembre 2017